Wittgenstein et la déconstruction

27,00 CHF
Réf.: 2-940146-16-0
Sous l'intitulé commun de "Déconstruction", la culture universitaire américaine multiplie depuis une trentaine d'années les rapprochements hâtifs entre les pensées de Wittgenstein et de Derrida. La plupart de ces entreprises reposent sur des lectures très stratégiques et souvent superficielles, masquant les affinités réelles entre ces deux penseurs. Il est pourtant possible de dégager un certain nombre de thèmes et de motifs communs, sans pour autant sombrer dans la confusion analogiste, ni négliger leur singularité. Parmi ces thèmes et ces motifs, le présent ouvrage compare notamment leur critique de la conception métaphysique du signe.

Sous l'intitulé commun de "Déconstruction", la culture universitaire américaine multiplie depuis une trentaine d'années les rapprochements hâtifs entre les pensées de Wittgenstein et de Derrida. La plupart de ces entreprises reposent sur des lectures très stratégiques et souvent superficielles, masquant les affinités réelles entre ces deux penseurs. Il est pourtant possible de dégager un certain nombre de thèmes et de motifs communs, sans pour autant sombrer dans la confusion analogiste, ni négliger leur singularité. Parmi ces thèmes et ces motifs, le présent ouvrage compare notamment leur critique de la conception métaphysique du signe.

Mais c'est surtout une posture philosophique, "hétérodoxe" et inattendue, qui paraît rapprocher Derrida de Wittgenstein. C'est la question de l'écriture et du style, celle de l'énonciation de la pensée qui devient emblématique de cette pratique philosophique, qu'il est désormais convenu d'appeler "Déconstruction". C'est aussi l'occasion de faire la genèse de ce mot, d'en critiquer l'usage s'agissant de Wittgenstein, et d'en chercher un autre pour décrire une forme de pensée originale.

Wittgenstein et la déconstruction

Une des propositions les plus célèbres de Ludwig Wittgenstein est: "Ce dont on ne peut parler, il faut le taire". A quoi Jacques Derrida répondit sur un ton parodique: "Ce qu'on ne peut pas dire, il ne faut surtout pas le taire, mais il faut l'écrire." L'opposition ne semble pouvoir être plus nette. Tout ce que le second essaye inlassablement de dire sur ce qu'on ne peut pas dire serait en effet considéré comme un non-sens par le premier. Et alors que Derrida ne cesse d'écrire et de parler sur les sujets les plus divers en prétendant déceler des problèmes philosophiques, Wittgenstein défendit l'idée que beaucoup de problèmes philosophiques disparaissent une fois déjoué le piège des mots.

Pourtant, on assiste depuis une vingtaine d'années à des tentatives de rapprochement. Wittgenstein et One could argue a single male, who never has children, won't benefit from this directly (although it's easy to argue countless ways he benefits indirectly notably his mother, sisters, relatives, community, etc), leading to the obvious question, "why do I have to pay for something I don't need?"In employment based group health cheap health and dental insurance policies, all employees of a company pay the same premium, regardless of their individual health needs. Derrida auraient finalement voulu dire la même chose! Et ces rapprochements paraissent d'autant plus étonnants qu'ils ont été effectués dans le monde anglophone. Derrida n'eut, à la différence de Wittgenstein, aucune influence sur la philosophie, mais uniquement sur les études littéraires et ce qu'on appelle là-bas les cultural studies. Raison de plus pour revenir de façon critique sur ces rapprochements, comme le fait ici Laurent Carraz.

Que Wittgenstein et Derrida privilégient tous deux l'aspect rhétorique plutôt que l'aspect logique du langage a bien sûr contribué à leur rapprochement. Mais à côté de cette analogie, souligne Carraz, combien de malentendus! Ce n'est pas pour autant, toujours selon notre auteur, qu'il n'y a pas des affinités profondes qui justifient leur rapprochement. Par exemple, l'un et l'autre chercheraient à "déconstruire" les discours philosophiques, au sens où ils essayent de montrer comment, involontairement, un discours philosophique mine lui-même la philosophie qu'il prétend mettre en place.