Tokyo memories

21,00 CHF
Réf.: 978-2-940146-92-5
Si les études quantitatives nous donnent des repères valables, Muriel Jolivet persiste à croire qu'on apprend davantage sur une société en la regardant trier ses ordures. C'est pourquoi Tokyo Memories est composé d'"instantanés" glanés ici et là, dans les couloirs, les sous-sols, le métro, les gares, les magasins, et l'on risque d'y découvrir l'envers d'un décor pour touristes, une manière autre de fonctionner, qui remet en question l'occidentalisation ou l'internationalisation des mentalités.

Si les études quantitatives nous donnent des repères valables, Muriel Jolivet persiste à croire qu'on apprend davantage sur une société en la regardant trier ses ordures. C'est pourquoi Tokyo Memories est composé d'"instantanés" glanés ici et là, dans les couloirs, les sous-sols, le métro, les gares, les magasins, et l'on risque d'y découvrir l'envers d'un décor pour touristes, une manière autre de fonctionner, qui remet en question l'occidentalisation ou l'internationalisation des mentalités.

On y découvre le Japon et les Japonais au quotidien. C'est un Japon tellement banal, qu'il en devient original, car il faut pour cela maîtriser la langue, connaître les gens, comprendre ce qu'il y a derrière les mots, les anecdotes, les non-dits et les sketchs télévisés. Au fil du récit, ceux que la société a rendus "transparents" à force de marginalisation ou de conformisme révèlent un Japon peut-être moins lisse qu'il n'y paraît.

Singularités nippones

Connaissez-vous le "congé d'amour déçu"? Au Japon, une entreprise permet à ses salariées d'en bénéficier. Il suffit d'en faire la demande et la durée est fonction de l'âge de la victime: un jour pour les femmes entre 20 et 24 ans, deux jours pour celles entre 25 et 29 ans, et trois pour des trentenaires, censées avoir plus de mal à accuser le coup…La surprise de Saitô Ami, en découvrant l'existence de cet usage, montre que les Occidentaux ne sont pas les seuls à s'étonner des singularités nippones. D'ailleurs, l'inverse existe aussi: "En parlant avec des amis français, j'ai traduit l'expression sake ni nomareru par "être englouti par l'alcool" (…). Mes amis ont trouvé ça très amusant, mais je trouve que certaines expressions françaises le sont tout autant, comme "avoir des fourmis dans les pattes" ou "passer une nuit blanche" », explique Yasuhara Mayako.

Sans prétention, Muriel Jolivet nous fait entrer dans le quotidien, tantôt familier, tantôt déroutant de la société japonaise. Et la collection d'anecdotes qu'elle égrène permet de prendre la mesure de certaines spécificités de la culture japonaise. L'auteure est de ces sociologues qui estiment qu'il est possible d'en apprendre "davantage sur une société en la regardant trier ses ordures" qu'en accumulant des études quantitatives. En poste dans une université tôkyôite depuis 1973, elle a eu l'idée de lancer ses étudiants nippons dans l'observation de leurs contemporains, accumulant des observations glanées dans tous les recoins des métropoles japonaises ou au fil des flashes télévisés, les enrichissant parfois de ses propres observations. De quoi dresser "un panorama des modes, des tendances, mais aussi des déviances d'une société (…) dont les idiosyncrasies sont encore mal connues".

Laurent Testot, Sciences humaines, septembre 2007

Du samouraï au salarié: l'envers du décor

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